Le pied endurant

Tout le monde sur un stade à déjà entendu l’expression « il a du pied ». 
Le néophyte pourrait rétorquer « bah il en a même 2 et heureusement pour lui ! »

Que nenni, cette expression désigne un appui de qualité, dynamique sans ou avec peu d’amortissement lors de la phase de reprise au sol.

 

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, prenons le temps de définir quelques notions :

 

La foulée : c’est un  bond compris entre 2 contacts successifs avec le sol. Elle comprend 2 temps ; le temps de contact (l’appui) + le temps de suspension.

 

 









Le temps de contact
se décompose en 3 phases :

- l’amortissement commence quand le pied rentre en contact avec le sol et finit quand le centre de gravité est à l’aplomb avec le pied. Cette phase détermine l’efficacité de la foulée. C’est une action frénatrice qu’on essaye de réduire. 

- le soutien correspond au moment où le centre de gravité est à l’aplomb de l’appui au sol.

- la poussée commence au moment du soutient et finit quand le pied quitte le sol. C’est le moment moteur, il détermine la qualité et l’efficacité de l’appui

 

La suspension commence au moment où le pied de poussée quitte le sol et se termine au moment où l'athlète reprend appui. La suspension est la résultante des efforts produits lors de la phase d'appui qui l'a précédée. Elle permet au coureur de réaliser des ajustements segmentaires favorisant le maintien de son équilibre et la préparation des actions motrices à venir.


Ces notions définies nous pouvons nous focaliser sur notre pied...

 

Pour avoir une foulée efficace il faut réduire au maximum la phase d’amortissement. Elle représente un freinage qui induit une perte d’énergie et une dépense supplémentaire pour repartir.

Le modèle « idéal » est celui du sprinter qui ne pose plus le talon et utilise exclusivement sa plante de pied. C’est ce qu’on appelle le  « griffé ».

Longtemps, pour les coureurs de distance plus longue, l’idée a été qu’il fallait se rapprocher au maximum de cet « idéal ». Et aujourd’hui encore, il n’est pas rare de voir des coureurs de 1500m, et des distances supérieures s’escrimer à ne pas poser le talon, alors qu’ils n’en n’ont pas les moyens physiques et que cette attitude se fait au détriment de l’efficacité.

 

Heureusement, on est revenu de ce modèle pour tenir compte de la spécificité des courses longues qui imposent un geste économe. Geste qui peut prendre différentes orientations en fonction des différents morphotypes.

 

Les travaux de Bruno Gajer, chercheur en biomécanique à l’INSEP et entraîneur national (Arthémon Hatungimana, Élodie Guégan) ont contribué à faire avancer et imposer cette idée.

 

Si le sujet vous intéresse, vous pouvez lire le compte rendu du colloque qu’il a tenu au CREPS de Montpellier en 2002 en cliquant sur ce lien :  link

Il renvoie au site de L’AEIFA (Amicale des Entraîneurs d'Ile de France d'Athlétisme) dont le président est mon ancien coach : Alain Frérot ! ! !

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :